Auteur/autrice : Cabornes Administrateur

  • Tunnels de carrières dans les Monts d’Or

    Tunnels de carrières dans les Monts d’Or

    Le tunnel de carrière, une originalité des Monts d’Or

    L’un des principaux problèmes rencontrés dans l’exploitation des carrières était la gestion des déchets. Les couches supérieures, comme le ciret, étaient trop friables pour la construction (même si elles servaient à faire de la chaux).

    Pour y remédier, les carriers ont construit des tunnels en pierres sèches avec des voûtes à claveaux, sur lesquels ils entassaient les déchets. Cela leur permettait à la fois d’évacuer le marrain (déchets) et d’avoir un chemin propre pour transporter les lourdes charrettes de pierre tirées par les chevaux.

    Certains de ces tunnels sont encore visibles aujourd’hui.

    Gaspard Ligneux

    Gaspard Ligneux a signé la clé de voûte de l’entrée d’un tunnel dans le Mont d’Or. En 1880, cette pierre a scellé la voûte de l’entrée du tunnel ci-dessus.

    Gaspard Ligneux, tailleur de pierre à St Romain au Mont d’Or, est né en 1806 et décédé en 1870. Il était le fils de Jacques Ligneux, également tailleur de pierre, et d’Anne Barbaret.

    Louis Ligneux

    Louis Ligneux est aussi probablement l’auteur en 1863 de deux épitaphes gravées dans la pierre, au pied de la carrière, exprimant la dureté du métier de carrier :

    « Oh dure et ingrate roche, pendant trente-trois années par toi nous fûmes enchaînés. Mais oh Dieu de bonté, veille sur nous encore quelques journées et nos chaînes seront brisées. »

    Louis Ligneux, 1863

    « Heureux celui qui, sans te creuser, sa vie peut passer. Car dans ton sein, ô dure roche, que de sueur il faut sécher, que de malheur et de danger il y a à éviter pour ne rien gagner. »

    25 novembre 1863

    On suppose que Louis Ligneux (1831–1906) a gravé cette pierre en hommage à son père Gaspard Ligneux.

    ⚠️ Les tunnels et carrières sont des propriétés privées et peuvent être dangereux. Ne vous aventurez pas hors des sentiers balisés.

    Photos : Michel Matray et Pierre de Laclos

  • Croix du Mont Thou – la plus symbolique – 1759 – St Cyr au Mont d’Or

    Croix du Mont Thou – la plus symbolique – 1759 – St Cyr au Mont d’Or

    Nombreuses sont les croix de chemin qui ont été érigées à la suite d’une initiative privée, souvent par une famille aisée qui voulait à la fois affirmer sa foi et protéger les siens. On peut distinguer ce type de croix des précédentes car on y gravait le nom de la famille commanditaire. Parfois, on y trouvait même un blason.

    Située dans le hameau du Mont Thou, en contrebas du lavoir et au croisement avec la rue Salagon qui descend à St Romain…. la Croix du Mont Thou,  est une très belle et ancienne croix (1759), en pierre calcaire grise, avec fût et croisillon de forme carrée. Posée en 1759 par le sieur Antoine Cottier ( Env.1700-1774), Maître teinturier en soye et bourgeois de Lyon, propriétaire à Salagon. On y retrouve très probablement gravés les symboles de la passion du Christ.Croix du Monthoux - 1759 - réduite

    Sur le croisillon ont été gravés :

    – en haut, INRI (Jésus de Nasareth, roi des Juifs);

    – dessous une étoile flamboyante ou étoile à 5 branches ou pentagramme avec un « G » en son centre. Chère aux Francs-maçons, c’est un symbole ésotérique très ancien en rapport avec le principe initiatique. Il représente la conscience incarnée, l’esprit dans la matière. Il signifie aussi dans le répertoire symbolique chrétien les 5 plaies du Christ. Ce symbole utilisé par les carriers illustre aussi les forces de la lumière victorieuses de l’obscurité. la lettre G, nichée au cœur de l’étoile est son cœur. G pourrait être la 1ère lettre de God, Dieu en anglais ou encore Gnose Connaissance, elle pourrait être aussi Grand, Géométrie, Gravité, Guide, Gardien…

    – à gauche le soleil avec ses yeux (symbole de la lumière), puis une éponge au bout d’un long bâton serait-ce la sainte éponge? : « pour répondre et atténuer l’agonie du Christ sur la croix, on porta aux lèvres de Jésus une éponge fixée au bout d’un bâton et plongée au préalable dans de la posca, ou vinaigre. Selon le récit évangélique, une éponge a donc recueilli le sang du Christ transpercé par la lance. » ;Croix du Mont Thou - Croquis - Mars 2015

    – au milieu, une couronne d’épines (instrument de la passion posé sur la tête du christ avant sa crucifixion);Croix du Monthoux - Détail du croisillon - réduite                             croquis—>

    – à droite, le bout de la lance du centurion (voir plus bas). . la lune de profil avec son visage sévère -d’aucun y verront peut-être le portrait du Sieur Cottier- la lune qui projette la lumière qu’elle reçoit du soleil, symbolise l ‘église.

    Sur le fût, sont gravés : un très beau coq avec ses plumes, sa crête et son jabot. Le coq est le symbole du reniement de saint Pierre qui, selon l’Évangile, aurait renié Jésus trois fois avant que le coq chante deux fois. Par la suite, chaque chant du coq rappelle au saint sa trahison. Le coq, témoin de la trahison de Pierre, serait placé sur les clochers pour rappeler aux hommes leur faiblesse. posé sur un cylindre.Croix du Monthoux - détails du fût - réduite

    En dessous la date de la pose de la croix, 1759, un autre bâton croise le premier et se termine par une lance qui saigne. Une tradition chrétienne veut qu’un soldat romain du nom de Longinus (en français Longin) ait percé le flanc du Christ sur la Croix à l’aide de sa lance. La tradition veut que cette lance ne cesse jamais de saigner à sa pointe.

    Sous le cylindre et les bâtons : sans doute les 3 clous qui ont servi à la crucifixion.

    Dessous : O CRUX AVE (salut, ô croix).

    Détail du socle :

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    « CETTE CROIX A ETE MIZE PAR LE SOIN DE Sr ANTOINE COTTIER BOURGEOIS DE LYON »

    voir la généalogie d’Antoine COTTIER —> Fiche de Antoine COTTIER

    Sources numériques :

    http://hautsgrades.over-blog.com/

    http://www.freemasons-freemasonry.com/etoile-flamboyante.html

    Wikipédia « La passion du christ ».

  • Croix du Bois – Carnot/Ferroux – 1609 – St Cyr au Mont d’Or

    Croix du Bois – Carnot/Ferroux – 1609 – St Cyr au Mont d’Or

    Face à l’ENSP, probablement la plus ancienne des croix de St Cyr puisqu’elle est datée 1609.

    Fût et croisillon de forme carrée, en calcaire à gryphées gris et jaune. En 2014, un morceau de cette croix a été cassé et a révélé une belle pierre gris et jaune comme l’était la pierre des carrières de la Grande Charrière (rue du Mont d’Or) d’après le carrier Mr Jean Girard

    Chaque année les jour des Rameaux, de Pâques et de la Fête-Dieu,  les fidèles se rendaient à la Croix du Bois ( dite du Ferroux) après avoir accroché une couronne de buis à la Croix des Rameaux. A la vieille croix du Bois ou Ferroux était attachée une très ancienne croyance, à savoir qu’elle chassait les mauvais sorts. Ainsi, à minuit, on y amenait ceux que l’on voulait « débarasser ». On demandait alors au Seigneur la grâce de cette délivrance.

    St Cyr et les Monts d’Or – Dr Gabourd – 1967 – page 112-113

  • Les pionniers des restaurations en pierres sèches dans le Mont d’Or

    Les pionniers des restaurations en pierres sèches dans le Mont d’Or

    Les cabornes d’Antoine et de Vincent, situées sur le chemin de la Chussière (sur la commune de Saint-Cyr-au-Mont-d’Or), ont été les premières cabornes restaurées en 1996 (les 21, 22 et 23 mars 1996) par Antoine Perrimbert et Vincent Peytel. L’initiative a été prise par Antoine qui a sollicité Vincent Peytel, qui était en activité à cette époque. Une des idées initiales était de proposer des mini-stages d’initiation aux techniques de la pierre sèche à des jeunes en recherche d’emploi. En plus de Vincent et d’Antoine, trois jeunes ont participé à la restauration de ces cabornes.

    Ces deux cabornes avaient été choisies à la fois parce que proches d’un sentier très fréquenté par les promeneurs (et donc d’inciter ceux-ci à respecter ces édifices, fragiles) et aussi parce qu’il y avait urgence pour l’une d’entre elles (tout un côté étant sur le point de s’effondrer).
    Ces cabornes sont actuellement entretenues par l’association « Cabornes et petit patrimoine ».

    Le deuxième chantier, organisé selon les mêmes principes, a permis de restaurer, entre le 21 et le 26 juillet 1997, quatre cabornes situées entre la Croix-Vitaise et le Mont Thou, au lieu-dit « Les Places » sur la commune de Couzon-Au-Mont-d ’Or. Ces cabornes se situent dans une zone de « ciret », où les pierres sont très irrégulières et rarement plates, ce qui a beaucoup compliqué le travail.

    Le travail de ces deux « pionniers » a été suivi de nombreux chantiers de restauration : le sentier des cabornes de Poleymieux au Mont d’Or, le sentier de la Pierre à Saint Didier au Mont d’Or, le sentier des cabornes de Saint Cyr au Mont d’Or, mais aussi le four à chaux au lieu-dit « La Glande » à Poleymieux et la glacière de Lissieu.
    Grâce à eux une partie du patrimoine du Mont d’Or a pu être mis en valeur et ainsi rappeler le passé de ce territoire.

  • Croix des Combes ou de Pissoles – St Cyr au Mont d’Or

    Croix des Combes ou de Pissoles – St Cyr au Mont d’Or

    A l’angle du chemin des Combes et de la route de St Romain au Mont d’Or, sur un mur de propriété. Croix « patonnée » ou fleurdelysée (ou florencée) avec une petite rosace sculptée au centre du croisillon, sur un socle très sculpté,avec de grosses volutes enroulées sur elle-mêmes qui sont caractéristiques de l’art baroque (fin 16e siècle-déb.18e) . Sa soeur jumelle est au carrefour des Ormes à St Cyr.

    Elle est nommée « Croix de Pissoles » sur un plan de 1860 (Carte de la Saône). Un plan terrier de 1735 parle également de la « fontaine de Pissoles » au bas de la rue de Nervieux.

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  • Rose ROBIER et le clos de la Rosette

    Rose ROBIER et le clos de la Rosette

    Rose Robier (1892 – 1983), surnommée « La Rosette », était une agricultrice habitant au hameau du Mont Thou, et propriétaire de ce clos. Elle élevait des chèvres et deux ou trois vaches qu’elle faisait paître dans les prés environnants et dans ce clos quand il y avait suffisamment d’herbe. Jusque dans les années 1970, elle livrait son lait (de vache) et ses fromages, le lait était dans deux bidons de 20/30 litres qu’elle descendait au village de Saint Cyr soit à pied ( !) soit en charrette à bras en alternance avec son commis, Jean-Marie Gigandon.

    Ce clos a aussi été utilisé pour la polyculture dans sa partie haute avec des framboisiers, de la vigne (on en voit encore des traces le long du mur du haut). La partie basse était en pré pour le foin.
    Le propriétaire actuel, Louis-Pierre Perraud, agriculteur à Saint Cyr, a conservé le clos dans son état. Grâce à lui et la restauration effectuée par l’Association, ce clos a gardé son aspect originel remarquable. La commune de Saint-Cyr a permis la remise en état du chemin de Chenevier que vous allez emprunter, qui longe le clos.
    A remarquer, les murs, les chirats, les cabornes tout autour de ce clos, les murs couronnés de lauses placées sur champ en biais.

  • Bories près de Cornillon Confoux (13)

    Bories près de Cornillon Confoux (13)

    Borie
    Borie

    Entre ÉTANG de BERRE et SALON de PROVENCE, au gré d’un parcours en sous-bois, entre pins et murets de pierres, on peut découvrir des cabornes (le terme local est sans doute bories) qui ressemblent à s’y méprendre à celles que nous rénovons dans nos Monts d’Or.

    Borie
    Borie
    Le mur des Abeilles
    Le mur des Abeilles
  • La Caborne des Chênes Tétards

    La Caborne des Chênes Tétards

    En étroite collaboration avec le Syndicat Mixte des Monts d’Or, notre association a finalisé le sentier de découverte des cabornes. Ce parcours qui sera appelé « Sentier de l’homme et du paysage » fera découvrir, en plus des cabornes restaurées, des paysages d’exception, témoignages de l’histoire des Monts d’Or et de l’activité de l’homme dans cette région : agriculture, extraction de la pierre… Au total, le public pourra visiter 14 cabornes restaurées. Ce panel d’ouvrages vient de s’enrichir de la caborne des chênes tétards qui se cachait sous une abondante végétation. Venez la visiter. Elle est située au bout du chemin de Chenevier à quelques mètres du clos de la Rosette.

    La Caborne des chênes tétards
    La Caborne des chênes tétards

  • Croix de la place des Ormes – St Cyr au Mont d’Or

    Croix de la place des Ormes – St Cyr au Mont d’Or

    Située sur le mur de la propriété Thomas, à l’angle de la route de St Cyr à Lyon avec la rue Elysée Thomas. Cette croix signale l’aménagement de la place des Ormes, où l’on avait planté des « petits ormes » sous Henri IV. C’est là que Louis XIII fit son entrée solennelle en 1642, reçu sous des tentes de soie par l’élite lyonnaise. (source : Sylvie Piloix, historienne pour l’association la Pie Verte)

    On peut y voir une fleur de lys sculptée et de de grosses volutes enroulées sur elle-mêmes qui sont caractéristiques de l’art baroque (fin 16e siècle -déb.18e);

    Cette croix est citée dans le procès du Sieur Flory, propriétaire aux Ormes (Maison Thomas actuelle) contre la commune de St Cyr au Mont d’Or, en 1829 :

    « Et les deux extrémités du mur riverain du chemin sont terminées en pans coupés, pour faciliter la viabilité au public! et l’un des deux est surmonté d‘une croix antique sculptée qui atteste là, comme d’autres croix , la rencontre de trois chemins publics. »

    « Deux tilleuls de trois siècles, vrais géants dans leur espèce, et un autre tilleul, situé un peu plus au nord, vieillard de deux siècles au moins, plantés évidemment pour l’ornement du lieu, la commodité et l’agrément du public, attestent que le sol qui fut leur berceau était autrefois, comme aujourd’hui, un lieu public.

    Enfin, une croix en pierre, qu’on voyait encore en 1749, sur un point de l’espace qui forme maintenant esplanade, constatait à son tour que le lieu où elle s’offrait à la vénération des fidèles, et servait de station aux processions publiques, surtout à celles des rogations, était nécessairement un lieu public, une place publique… Voilà le lieu dont le Sieur Flory voudrait se faire une propriété privée… »

    (Mémoire pour la commune de Sain-Cyr au Mont-d’Or, contre le sieur Michel Flory, pages 24-35 – 3…) https://books.google.fr/books?id=fqCOqtq4HgMC&pg=PA26&lpg=PA26&dq=sieur+flory+st+cyr+au+mont+d%27or&source=bl&ots=8Up0Gr2mdZ&sig=-6JUny99-7XNf0L22kpqOY5SO1o&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwj3xp3PscjLAhVFAxoKHY_dBiwQ6AEIHjAA#v=snippet&q=croix&f=false

    Le croisillon a été refait à neuf, l’original était sans doute fleurdelysée comme l’est celle du chemin des Combes qui est un peu sa soeur jumelle (voir plus haut).

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  • Croix de la montée des Écureuils – St Cyr au Mont d’Or

    Croix de la montée des Écureuils – St Cyr au Mont d’Or

    Croix en pierre calcaire gris à gryphées, sur le mur d’une propriété, à droite en montant le chemin des écureuils après la rue des Greffières.

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    Fût et croisillon de forme hexagonale à pointes biseautées. Sur le croisillon, on distingue un « 6 » à gauche, un « I » et un  » 8 à droite (1618?). Au milieu a été sculptée en creux, une étoile à 5 branches ou pentagramme, symbole souvent repris par les carriers des Monts d’Or, qui représente la lumière ou les forces de lumière victorieuses de l’obscurité…

    (Carriers et carrières dans le Mont d’Or Lyonnais, Tome 3, Michel Garnier).