Cette croix aurait été érigée en 1820 sur la place des Ormes, dans l’angle que forme le carrefour de la route de St Romain et la route de Lyon, devant le café des Ormes, l’ancienne maison de J.Baptiste Manissier en 1832. (voir saisie des biens du sieur Manissier) :.http://collections.bm-lyon.fr/BML_01PER0030213111/preview_PAGE3_Source.jpg

 

Croix de mission des Ormes

Croix d’une très grand hauteur, surmontée d’un croisillon en fer forgé.Le fût est cylindrique en pierre grise d’origine inconnue comme son soubassement carré, surmontée d’une table. Un carrier a gravé sa marque d’un « B ».

 

La place des Ormes est encore célèbre par les jeux qui s’y faisaient aux jours de fête :

« C’est là aussi, que depuis 1687, les habitants de St Cyr, ainsi que des communes voisines continuèrent de se réunir certains jours de fêtes et surtout les jours de fête patronale, pour leurs délassements, leurs danses et leurs jeux champêtres.
C’est là, que dans tous les temps, on les a vus courir l’agneau, ou l’oie, ou la brioche, soit à pied, soit à cheval.
C’est là, que les passants, attirés par la beauté du site et la fraîcheur de l’ombrage, s’arrêtaient, se reposaient, se promenaient… » (Mémoire pour la commune de Saint-Cyr au Mont-d’Or, contre le sieur Michel Flory)

C’est sur cette place que le 7 juillet 1642, Louis XIII se rendant à Lyon, fut reçu par les prévôts, échevins et notables de Lyon qui lui offrirent un repas champêtre sous des tentes de soie et d’or.

En 1749, une croix existait déjà qui a été déplacée sur la place des Ormes. « Le Seigneur et le chapître, en autorisant la translation de la Croix, donnèrent à la place le nom très significatif et très énergique de place des Ormes de St Cyr... » voir : Mémoire pour la commune de Saint-Cyr au Mont-d’Or, contre le sieur Michel Flory … https://books.google.fr/books?id=fqCOqtq4HgMC&pg=PA26&lpg=PA26&dq=le+sieur+flory+st+cyr+au+mont+d%27or&source=bl&ots=8Up0Hp3kcV&sig=w_GWokdv9gBG3ofLPl79Lg2dW6I&hl=fr&sa=X&sqi=2&ved=0ahUKEwjS3-zI3srLAhVGEpoKHVA6CacQ6AEIHjAA#v=snippet&q=croix&f=false

La place des Ormes en 1793 :

Le 9 octobre 1793, 700 Lyonnais conduits par le général de Précy, sortirent de Lyon par les bois de la Claire, et se dirigèrent vers le Mont d’Or, pour gagner la Bresse et la Savoie. L’arrière garde dont le chef était de Virieu, mitraillée par les canons de la Duchère, fut atteinte à la place des Ormes, où périrent de Virieu et la plupart de ses hommes.

L’avant-garde formée de 200 cavaliers fut sabrée à son tour, sur les pentes du Mont-toux, par des détachements de l’armée conventionnelle accourus de Limonest ; le reste, après avoir traversé les bois de Chasselay en Fitlix,  alla périr le lendemain à Saint Romain-de- Popée.

De Précy et quelques-uns de ses soldats parvinrent à se  sauver.

En creusant les fondations du château des Ormes, on a trouvé de nombreux ossements provenant des Lyonnais tués le 9 octobre 1793.

 

Qu’est-ce qu’une croix de mission :

Une croix de mission est un monument érigé en souvenir d’une mission, après la tourmente révolutionnaire, où il fallut, pour les représentants de l’Église catholique romaine, restaurer la pratique religieuse.

En général elle porte une inscription (celle du prédicateur) et la date de cette mission. Les jours des Rogations sont, dans le calendrier liturgique tridentin, les trois jours précédant immédiatement le jeudi de l’Ascension, c’est-à-dire les 37e, 38e et 39e jours après Pâques. Ce terme n’est plus utilisé aujourd’hui que par les Églises catholique (surtout les traditionalistes), anglicane et quelques Églises orthodoxes.

Le mot « rogation » vient du latin rogare, qui signifie « demander ». Ce terme sert à qualifier cette période de l’année car l’Évangile du dimanche précédent comprend le passage « demandez ce que voudrez et cela vous sera accordé » (Jean 15, 7). Le terme rogation, en latin rogatio, signifiait originellement « demande » et a pris le sens de « prière, supplique » en bas latin et de « prière accompagnée de processions » en latin ecclésiastique.

Ce dimanche lui-même était appelé dimanche des Rogations. Ce jour marquait, avant le concile Vatican II, le début d’une période de trois semaines pendant laquelle la célébration des mariages était interdite par les Églises catholique et anglicane. Des processions étaient organisées dans les chemins parcourant les champs dans tous les pays catholiques. Les croix de station au bord des chemins des campagnes en rappellent le souvenir.

Les fidèles observaient traditionnellement pendant les Rogations un jeûne afin de se préparer à la célébration de l’Ascension et les prêtres bénissaient les cultures. Source : Wikipédia

 

A St Cyr, le Dimanche des Rameaux, avait lieu une procession qui conduisait les fidèles et leur curé de l’église à la Croix des Rameaux, la Croix du bois ou Ferroux, le Croix du Bourg, la Croix de Nervieux/montée Marceau et enfin à la Croix des Ormes, dernière station.    Ici, se trouvait un beau reposoir, majestueux et imposant. Une vieille coutume était pratiquée à ce reposoir. La bénédiction donnée et la procession partie, on roulait les enfants dans la masse des pétales de roses lancées pendant la cérémonie et qui faisaient un vrai tapis sur le sol. C’était afin de les délivrer de la peur.

(St Cyr et les Monts d’Or – Dr Gabourd – 1967 – page 113)