Pour les Journées du Patrimoine 2015, l’Association propose une animation avec circuit découverte sur le thème des Cabornes et de leur réalisation (en partenariat avec les communes de Saint Cyr et Saint Romain).
Pour cette occasion, A.Lorton a réalisé des modèles pour explique les différentes techniques de construction utilisées dans le Mont d’Or.
Uniquement le dimanche 20 septembre 2015, nous vous proposons 3 départs (14h, 15h, 16h) depuis le Clos de la Rosette.
Gabarit d’une voûte à claveauxLinteau à clave et voûte à claveauxVoûte en encorbellementLes différents types de linteauxMur en pierres sèches
Situé au fond d’une impasse chemin des Greffières, à l’angle d’une maison marquée par une croix, dans la partie en forte pente.
Deux pans de toit en impluvium laissent couler la pluie à l’intérieur du lavoir. A l’origine, ce toit devait comporter quatre pans. Les plates sont en bon état, sur les quatre côtés.
»’En 1826, le 14 Novembre »’, »’Jean-Baptiste Venet »’, propriétaire à St Cyr cède gratuitement une partie de son terrain pour faciliter l’accès à la fontaine et au lavoir des Greffières.<
»’En 1828, Jean Manissier »’ présente ses comptes pour le »’pavage du chemin »’ menant au lavoir des Greffières.
»’1831 : Mr Pierre GAY, de la Jardinière »’ présente ses comptes pour la fourniture de »’pierre de taille »’ pour le lavoir des Greffières.
»’Février 1832, Mr Antoine GUILLOT »’, »’ Me tailleur de pierre à St Cyr »’ présente ses comptes de pierres de taille qu’il a fournies pour le lavoir des Greffières.
»’1906 »’ : Souscriptions volontaires recueillies en vue de la construction d’un abri pour le lavoir des Greffières, s’élevant à la somme de 210 fs à valoir en argent …..
L’eau est abondante et fraîche, la citerne terminale est sans doute dans la propriété voisine, sous le massif qui forme un gros dos. Aucune entrée visible.
C’est dans ce lavoir, toujours en eau même l’été, que les lavandières du haut de St Cyr venaient rincer le linge de leur patron quand les autres lavoirs étaient à sec, ce qui arrivait souvent :
Lors du procès des assassins des dames Gayet, en 1859, Marie Collomb, veuve LENOIR et Marie Beaupré, veuve DURY disent avoir rencontré Joannon le soir du 14 Octobre, alors qu‘elles revenaient du lavoir des Greffières où elles avaient lavé le linge de Jean-Louis LORAS, propriétaire tailleur de pierre à la Croix-des-Rameaux.
– Mr LORAS : « J’ai rencontré Joannon au bas de la montée des Greffières, le 14 Octobre. Je ne me rappelle pas si c’est à onze heures du matin ou à quatre heures du soir »..
.- Me Dubost : « A quelle heure a t-on quitté le lavoir? »
– Mr LORAS : « Je crois que c’est à six heures moins le quart. Il était tout au plus six heures quand la voiture a été chargée ».
– Me Dubost : « Combien faut-il de temps pour aller des Greffières chez les femmes LENOIR et DURY » (La Croix des Rameaux)
– Mr LORAS : « Une heure à peu près ».
– la veuve LENOIR rappelée : « Je sais qu’on a fini de laver à la grand’nuit ».
– Me Dubost : « le jeune VIGNAT nous a dit tout-à-l’heure qu’à cinq heures il n’aurait pas pu racler son bâton, donc à cinq heures il faisait déjà nuit. »
– Me Dubost : « N’avez-vous pas fait un long détour avec la voiture et n’avez-vous pas marché plus lentement que les lessiveuses? »
– Mr Lauras : « Je crois avoir marché plus vite, au contraire, avec ma voiture. »
– Me Dubost : « Quoi qu’il en soit, le trajet des deux femmes n’a pas dû durer plus longtemps et parties dès la nuit du lavoir, elles ont bien pu rencontrer Joannon à six heures et demie. »
(Affaire de St.-Cyr.-au-Mont-d’Or: drame judiciaire, l’un des plus émouvants …)
A St Didier au Mont d’Or, le vallon d’Arches s’étire, bucolique et champêtre, jusqu’à Rochecardon.
A l’angle du chemin des Barres, le lavoir d’Arches a accueilli nombre de lavandières venues rincer le linge de leurs « patrons ».Reconstruit en 1819, les carriers ont laissé leur signature sur les plates :
Gaspard Chanel « P GASPARD CHANEL EN 1819 »
« F P M FRANCOIS BUY FILS 1819 »
ainsi que « Louis TURRIN 1851 »
Au pied du chemin des Lavandières, qui descend du hameau du Montellier, la maison des lavandières domine la vallée d’Arches
Alice Odin, 92 ans, habite la maison reconstruite sur l’ancien moulin d’Arche, elle raconte :
« Les lavandières venaient au lavoir le lundi, rincer leur linge. Les papotages allaient bon train.
Elles lavaient le linge qui leur était confié par Mr Rozier*, fabricant de foulard de soie à Vaise, rue de la Corderie et qui avait une maison au hameau du Monteillier.. Vers :fiche de Marc ROZIER Il y avait des draps, qu’elle lavaient au rez-de-chaussée de la maison qui surplombe le vallon et qu’elles rinçaient au lavoir avant de les étendre sur la plate qui prolonge la maison vers le sud. Mais surtout, c’étaient les chemises, beaucoup de chemises, blanches avec des plis sur le devant.
Une fois séchées, il fallait les repasser avec les fers qu’elles faisaient chauffer sur le fourneau allumé été comme hiver. C’était un travail d’artiste de repasser tous ces petits plis… »
Les lavandières d’Arches travaillaient pour le compte de Mr Thenand, blanchisseur en Arches, né en 1874 à St Didier.
Alice Odin :
» vers 1950, moi, j’avais mon lavoir, en contrebas du lavoir d’Arches, dans le pré aux cressonnières. Je n’allais pas au grand lavoir ».
Lavoir privé de Mme Odin
Situé en contrebas du lavoir d’Arches, le petit lavoir est bien alimenté en eau et la couverture a été refaite. A noter, à droite de la porte d’entrée, une grande pierre plate qui fait mur, en pierre grise à gryphées de St Fortunat. L’eau arrive par un gros tuyau en béton qui court sur le mur du fond. Les dalles du sol sont en mauvais état et l’eau suinte partout. Ensuite, l’eau alimente une ancienne cressonnière, avant de traverser le chemin des Barres et passer le long de l’ancien moulin. Deux tuyaux alimentent trois réservoirs d’eau dans la cour de l’ancien moulin à huile de Mme Odin.
foulards Marc Rozier : La fabrique de foulards coton (carrés, écharpes, pochettes) Rozier est née place Tobie Rabatel à Lyon en 1889-1890. La société s´installe à Vaise en 1918 : un immeuble très certainement construit à partir de 1915 et une série d’atelier sur cour en coeur d’îlot, rue de la Corderie. La fabrication concerne des foulards soit à but folklorique, soit à but utilitaire : foulard rouge pour les mineurs, bleu à pois blancs pour les cheminots, à ramages jaune-ocre et rouge pour priser et chiquer. Une première extension de l’usine a lieu dans les années 1930, au 25 rue Chinard puis en 1972, où une partie des ateliers est transférée à Bourgoin-Jallieu. Ce site est toujours en activité. Les foulards vendus sous les marques Marc Rozier et Eric Provent au Japon représentent près de 70 % des ventes globales de l’entreprise. Source : http://patrimoine.rhonealpes.fr/dossier/usine-textile-dite-foulards-marc-rozier/ffddfdef-e955-4c7b-96d1-7b7f5a89dcce
Le tunnel de carrière, une originalité des Monts d’Or
L’un des principaux problèmes rencontrés dans l’exploitation des carrières était la gestion des déchets. Les couches supérieures, comme le ciret, étaient trop friables pour la construction (même si elles servaient à faire de la chaux).
Tunnel de carrière dans le Mont d’Or
Pour y remédier, les carriers ont construit des tunnels en pierres sèches avec des voûtes à claveaux, sur lesquels ils entassaient les déchets. Cela leur permettait à la fois d’évacuer le marrain (déchets) et d’avoir un chemin propre pour transporter les lourdes charrettes de pierre tirées par les chevaux.
Certains de ces tunnels sont encore visibles aujourd’hui.
Front de carrière en sortant du tunnel
Gaspard Ligneux
Gaspard Ligneux a signé la clé de voûte de l’entrée d’un tunnel dans le Mont d’Or. En 1880, cette pierre a scellé la voûte de l’entrée du tunnel ci-dessus.
Gaspard Ligneux, tailleur de pierre à St Romain au Mont d’Or, est né en 1806 et décédé en 1870. Il était le fils de Jacques Ligneux, également tailleur de pierre, et d’Anne Barbaret.
Louis Ligneux
Louis Ligneux est aussi probablement l’auteur en 1863 de deux épitaphes gravées dans la pierre, au pied de la carrière, exprimant la dureté du métier de carrier :
« Oh dure et ingrate roche, pendant trente-trois années par toi nous fûmes enchaînés. Mais oh Dieu de bonté, veille sur nous encore quelques journées et nos chaînes seront brisées. »
Louis Ligneux, 1863
« Heureux celui qui, sans te creuser, sa vie peut passer. Car dans ton sein, ô dure roche, que de sueur il faut sécher, que de malheur et de danger il y a à éviter pour ne rien gagner. »
25 novembre 1863
On suppose que Louis Ligneux (1831–1906) a gravé cette pierre en hommage à son père Gaspard Ligneux.
⚠️ Les tunnels et carrières sont des propriétés privées et peuvent être dangereux. Ne vous aventurez pas hors des sentiers balisés.
Les cabornes d’Antoine et de Vincent, situées sur le chemin de la Chussière (sur la commune de Saint-Cyr-au-Mont-d’Or), ont été les premières cabornes restaurées en 1996 (les 21, 22 et 23 mars 1996) par Antoine Perrimbert et Vincent Peytel. L’initiative a été prise par Antoine qui a sollicité Vincent Peytel, qui était en activité à cette époque. Une des idées initiales était de proposer des mini-stages d’initiation aux techniques de la pierre sèche à des jeunes en recherche d’emploi. En plus de Vincent et d’Antoine, trois jeunes ont participé à la restauration de ces cabornes.
Ces deux cabornes avaient été choisies à la fois parce que proches d’un sentier très fréquenté par les promeneurs (et donc d’inciter ceux-ci à respecter ces édifices, fragiles) et aussi parce qu’il y avait urgence pour l’une d’entre elles (tout un côté étant sur le point de s’effondrer).
Ces cabornes sont actuellement entretenues par l’association « Cabornes et petit patrimoine ».
Le deuxième chantier, organisé selon les mêmes principes, a permis de restaurer, entre le 21 et le 26 juillet 1997, quatre cabornes situées entre la Croix-Vitaise et le Mont Thou, au lieu-dit « Les Places » sur la commune de Couzon-Au-Mont-d ’Or. Ces cabornes se situent dans une zone de « ciret », où les pierres sont très irrégulières et rarement plates, ce qui a beaucoup compliqué le travail.
Le travail de ces deux « pionniers » a été suivi de nombreux chantiers de restauration : le sentier des cabornes de Poleymieux au Mont d’Or, le sentier de la Pierre à Saint Didier au Mont d’Or, le sentier des cabornes de Saint Cyr au Mont d’Or, mais aussi le four à chaux au lieu-dit « La Glande » à Poleymieux et la glacière de Lissieu.
Grâce à eux une partie du patrimoine du Mont d’Or a pu être mis en valeur et ainsi rappeler le passé de ce territoire.
Entre ÉTANG de BERRE et SALON de PROVENCE, au gré d’un parcours en sous-bois, entre pins et murets de pierres, on peut découvrir des cabornes (le terme local est sans doute bories) qui ressemblent à s’y méprendre à celles que nous rénovons dans nos Monts d’Or.
En étroite collaboration avec le Syndicat Mixte des Monts d’Or, notre association a créé le sentier de découverte des cabornes en 2015. Ce parcours appelé « Sentier de l’homme et du paysage » fait découvrir, en plus des cabornes restaurées, des paysages d’exception, témoignages de l’histoire des Monts d’Or et de l’activité de l’homme dans cette région : agriculture, extraction de la pierre… Au total, le public peut visiter 14 cabornes restaurées. Ce panel d’ouvrages s’est enrichit de la caborne des chênes tétards qui se cachait sous une abondante végétation. Venez la visiter. Elle est située au bout du chemin de Chenevier à quelques mètres du clos de la Rosette.
Le sentier « de l’homme et du paysage » vient de s’enrichir d’une nouvelle caborne. Notre association a remis en état une caborne située au-dessus du hameau du Mont Thou, à proximité du chemin de la chussière. Le travail sur le bâtiment a été limité à un nettoyage des façades car cette caborne avait été restaurée en 1996. Cette opération avait été réalisée par une équipe de jeunes en réinsertion encadrés par Antoine Perrimbert et Vincent Peytel. En hommage à ces précurseurs, cet édifice sera désigné « Caborne d’Antoine » sur ce sentier.
N’hésitez pas à faire le détour pour découvrir cette superbe et imposante caborne rénovée en 2016 située à quelques centaines de mètres à l’écart du sentier de l’homme et du paysage. Il s’agit en réalité de deux cabornes mitoyennes, harmonieusement réunies en un seul ensemble. La petite (à gauche) possède un toit à encorbellement comme nombreuses de ses consoeurs, alors que la grande est dotée d’une voute à claveaux, unique specimen parmi les cabornes de Saint Cyr. Vous voulez en savoir plus sur ces techniques de construction, alors poursuivez votre chemin sur le sentier de l’homme et du paysage en direction du clos de la rosette, jusqu’à l’espace pédagogique.
Intérieur grande caborne GirardIntérieur petite Caborne GirardLinteau à clave et voûte à claveaux Gabarit d’une voûte à claveauxCabornes Girard, hier
Les cabornes Girard semblent de nature à réveiller la sensibilité artistique présente chez chacun d’entre nous, en témoigne cette magnifique représentation graphique. Alors n’oubliez pas, lors de votre visite de vous munir de votre compagnon préféré (carnet à dessin, appareil photo, instrument de musique…), sans doute y trouverez vous l’inspiration!