Située à droite de l’ancienne mairie, adossée à un mur en pierre, sur notre place commerçante…Croix de la place du Bourg - réduite

Elle porte un fût octogonal en pierre blanche d’origine inconnue, d’une grande hauteur, scellé dans le mur lors de récentes réparations avec un renfort métallique dans la partie haute, sur une embase carrée. Il est surmonté d’un croisillon de même forme  avec pointes biseautées portant un christ en bronze. L’embase du fût  repose sur un socle trapézoïdal marqué « PRIES PR CORDOUE  E J…IHS… 1819 » , renforcé de part et d’autre et posé sur une table  en pierre grise à gryphées.

Croix de la place du Bourg - soubassement en choin

Soubassement en choin de Villebois

Sous la table, le soubassement, monolithique, de très belle facture, est en pierre blanche de choin, sans doute de la carrière de Villebois dans le Bugey. D’âge Bathonien supérieur, la pierre de Villebois, dite également de Montalieu-Vercieu ou de Trept (Mazenot, 1936), est un calcaire compact, légèrement cristallin, à grain fin. Il comporte parfois quelques lentilles ou rognons de silex disposés en lits horizontaux (Fournet, 1844 ; Drian, 1849 ; Demarcq, 1973). Des ammonites fossilisées peuvent s’y trouver. Compact et très dur, le choin résiste aux intempéries comme à l’écrasement. Il pèse 2750 kg au mètre cube.http://perso.ens-lyon.fr/yves-francois.le-lay/?p=593

On peut remarquer les joints en « stylolithes » très caractéristiques de cette pierre de choin

Détail stylolithes sur soubassement en pierre de choin

Stylolithes : surfaces en dents de scie au cours de laquelle la matière minérale a été éliminée par dissolution sous pression, dans un procédé qui diminue le volume total de roche (Wikipédia) ou formes de dissolution dans un plan perpendiculaire aux pressions des couches surincombantes, ou tectoniques.( http://christian.nicollet.free.fr/page/TectoCassante/tectocassante.html)

La pierre présente également d’abondantes petites lignes dentelées, comme si le plafond du banc inférieur, plus résistant, avait pénétré dans le plancher d’un banc supérieur (Roman, 1926). Il en est aussi à l’intérieur d’un même banc. L’irrégularité de traces contournées et ramifiées et la dentelle des stylolithes donnent au choin un aspect particulièrement distinctif qui ne permet aucune confusion. Ce sont des « joints stylolithiques, parallèles à la stratification, dont la surface est hérissée de mamelons cannelés et pointus » (David, 1976).http://perso.ens-lyon.fr/yves-francois.le-lay/?p=593

Une croix de mission est un monument érigé en souvenir d’une mission, après la tourmente révolutionnaire, où il fallut, pour les représentants de l’Église catholique romaine, restaurer la pratique religieuse.

Le Dimanche des Rameaux, les fidèles qui suivaient la procession, après avoir vu le curé bénir la Croix des Rameaux et la Croix du bois ou Ferroux, se recueillaient devant la Croix du Bourg, devant laquelle était dressé un petit autel. A nouveau, une bénédiction était donnée à la foule qui remplissait la place. Ensuite, les fidèles descendaient la montée Marceau et s’arrêtaient devant le reposoir qui avait été dressé à l’angle du chemin de Nervieux, devant un vieux portail dont la clé de voûte portait le millésime 1759 et cette devise « Sua cui tue » (sa demeure est la tienne). Ce vieux portail, menaçant ruine a été démoli dans les années 1960.

(St Cyr et les Mont d’Or – Dr Gabourd – 1967 – page 113).